Bio


# Bibliographie / Parutions
Ø

- 2017 Gambett,art (livre,collectif)-éd Hermann
- 2017 « l’ouvrage » LAB14 (livre,collectif)
- 2016 Le Grand 8 (livre, collectif) – éd. Artist-Up
- 2014 Pyrénées, un sommet du graff (livre, collectif) – éd. Critères2014 Pyrénées, un sommet du graff (livre, collectif) – éd. Critères
- 2013 Mythik 27 (livre collectif), éd. Gotham Lab
- 2012 Bookzine Artaq (livre collectif)
- 2011 Paris-City-Graffiti, par Comer, Lionel Patron, Romano Ross (livre collectif), éd. Da Real
- 2011 Vitry vit le street art (livre collectif) éd. Critéres
- 2011 Paris-Tonkar Magazine n°1
- 2010 Seize Happywallmaker (monographie), éd. Critères, coll. Opus-Délits n° 8
- 2010 A.D. Magazine n° ?
- 2010 L’Itinérant, magazine n° ?
- 2008 400 ml (livre collectif)

Ø International

- 2017 LE MUR THE WALL, 125 PERFORMANCES D’ARTISTES URBAINS Editions Hermann
- 2012 See No Evil (livre collectif, UK)
- 2011 Abstract graffiti, par Cedar Lewisohn (livre collectif, UK)
- 2010 Muralismo Morte : The Rebirth of Muralism in Contemporary Urban Art (livre collectif, Allemagne) par Jens Besser, éd. From Here to Fame
- 2009 Mural-Art volume 2 (livre collectif), Grèce)
- 2010 Rojo Magazine n° ___(Espagne)

# EXPOSITIONS

Ø Solo shows

- 2016 La Reserve , Malakoff
- 2015 galerie MM , Bruxelles
- 2014 Galerie d art de Créteil , Créteil
- 2013 Le M.U.R (Oberkampf), Paris
- 2012 Galerie Mathgoth, Paris
- 2011 Galerie La Grille, Yverdon-les-Bains (Suisse)
- 2011 Galerie Mathgoth, Paris
- 2010 Galerie Keek, Issy-les-Moulineaux

Ø Collectives

- 2017 Art Élysée , Paris
- 2017 galerie Wagner , Le Touquet
- 2016 Lab14 , Paris
- 2016 La Reserve , Malakoff
- 2016 galerie MM , Bruxelles
- 2013 Mythik 27, Espace Cardin
- 2013 Opus Délits show, espace Cardin, Paris
- 2013 Galerie Voskel, Paris
- 2013 Artaq, espace Cardin, Paris
- 2012 See no evil, Bristol (U.K.)
- 2012 Artaq Angers
- 2012 Artfiler Gallery, Bruxelles (Belgique)
- 2010 Galerie Mathgoth, Montreuil
- 2010 Galerie Ligne 13, Paris
- 2009 Salon la Nuit du street art, Paris
- 2009 Galerie Itinerrance, Paris
- 2009 Salon d’art contemporain, Strasbourg
- 2008 400 ml le M.U.R, Paris
- 2008 Karambole Paris
- 2008 Librairie du Palais de Tokyo, Paris

A self-taught painter, I was born in Paris in 1971. I live in a geometric and colorful world.
My experience and my inspiration come from urban arts, where I began. I developed a very personal graphic code and I use the energy from the colors as a therapy.
I have been working for many years on reflections based on networks and connections.
I discovered that symbols form a language.
My symbolic language speaks of nature and the universe. I believe that geometric forms associated with the simplicity and the strictness of structures and composition can lead to a great purity.
Nevertheless, the same forms show infinite possible combinations and can also express dynamism and great vitality. Using the same elementary shapes — lines, circles, squares, triangles, polygons, and curves, most of the major characteristics of human beings can be described: purity, contemplation, spirituality, calm, joy, dynamism, consciousness, creativity, imagination…

Artiste peintre autodidacte , né à paris en 1971 , j’évolue dans un univers géométrique et coloré .
Mon expérience et mon inspiration viennent de l’art urbain où je fais mes débuts , je développe un code
graphique très personnel et j’utilise l’énergie positive des couleurs comme une thérapie.
Je travaille depuis de nombreuses années autour d’une réflexion basée sur les réseaux et les connexions.
j’ai découvert que les symboles formaient un langage.
Le langage symbolique est celui de la nature et de l’univers. La forme géométrique jointe à la simplicité et à la rigueur des structures et de la composition peut atteindre une grande pureté .
Mais cette même forme associée à l’infini des combinaisons possibles est tout aussi capable d’exprimer dynamisme et grande vitalité. Avec les mêmes moyens élémentaires, lignes, cercles carrés, triangles, polygones, courbes la plupart des dominantes de l’être humain peuvent être plastiquement exprimées telles que pureté, contemplation, spiritualité, calme, joie, dynamisme lucidité, créativité, imagination…

Seize Aka Happywallmaker interview

by vitostreet…

Peux tu nous décrire rapidement ton parcours et nous dire qui tu es ?

Salut je me prénomme Raphael, j’ai 37 ans, marié, trois enfants, un chat. Ça c’est fait !
Mon nom d’artiste c’est Seize aka Dr Happywallmaker, j’ai grandi à Sarcelles dans la banlieue nord de Paris.
Au début des années 80 je découvre un graff de Dark en bas de chez moi, ça m’a foutu une sacrée claque, un véritable ovni.
Je savais même pas qu’on appelait ça un graff, par la suite j’ allais régulièrement au terrain de La Chapelle pour voir les réalisations de Lokiss et Skki.

Can you tell us a few words about where you come from and who you are?
Hi, my name is Raphael, 37 years old, married, with three children and a cat. That’s for starters!
My artist name is Seize aka Dr Happywallmaker. I grew up in Sarcelles, a northern suburb of Paris.
At the beginning of the 80s, I discovered a piece by Dark in the street where I lived. It was a real UFO, I was completely baffled.
I didn’t even know that was what we call a “graff” in French. After that, I started going regularly to the La Chapelle site to see Lokiss and Skki’s realizations.

Moi j’étais dans un groupe de tagueurs les BFK avec mon poto Aero on traînait pas mal sur la ligne D et à la gare du nord avec les Fresh boys, ambiance caillera tags et fumette.
J’ai fini par me faire viré des écoles que je fréquentais mais parallèlement j’avais la chance d’avoir une mère institutrice et un père musicien qui m’ont élevé dans un contexte artistico culturel, cela ma permis de garder la tête hors de l’eau !
Sans diplôme et sans formation j’ai fait un tas de boulots différents, bagagiste, livreur, manutentionnaire, chauffeur de bus etc. A 33 ans ma vocation artistique prend le dessus et je me lance dans la peinture, d’abord sur toile puis sur les murs.
Autodidacte je me forme sur le tas à la peinture contemporaine, aujourd’hui je me sens en accord avec moi-même et ça c’est bon.

I was part of a group of writers, the BFK. With my friend Aero, we hung around the RER Line D and the Gare du Nord with the Fresh Boys, in a tagging-and-weed-smoking-rabble mood.
I ended up being kicked out of all the schools I ever attended. But fortunately, my mother was a teacher and my father a musician. They brought me up in an artistic and cultural context that allowed me to stay afloat.
Without any diploma or education, I have had many different jobs: baggage porter, deliveryman, packer, bus driver, etc. When I turned 33, my artistic vocation took over and I started painting, first on canvas, then on walls.
Self-taught, I learned about contemporary painting. Today, I have the feeling I am in line with myself, and that feels good!

2 3

Pourquoi ce blaze seize aka happywallmaker ?

Pour revenir a ce que je disais précédemment à propos du graff en bas de chez moi, Dark avait fait un lettrage seize, je suis parti le voir et il m’a donné ce blaze. Aujourd’hui hui une vingtaine d’années après, ce surnom me sort par le pif mais je le garde comme un lien avec mon passé tumultueux, comme un symbole de réconciliation entre le passé et le présent.
Happywallmaker par contre c’est beaucoup plus récent, c’est le surnom que m’ont donné les membres d’un groupe d’artistes hollandais, je l’ai gardé comme nom de « famille » une sorte de clin d œil.

Seize aka Happywallmaker: where does that name come from?
As I said before about the piece in my street, Dark had made a Seize piece. I went to see him and he gave me that name. Today, more than twenty years later, I can’t stand that nickname anymore but I keep it as a link with my agitated past, as a symbol of reconciliation between the past and the present.
On the other hand, Happywallmaker is quite recent. A group of Dutch artists gave it to me and I kept is as a “surname”, as an allusion.

Comment définirait tu ton style graphique ?
C’est simple c’est un style geometricolorismohappyflashysant ou plus simplement peinture atomique relative soit E=mc16.
C’est la résultante de différentes influences qui viennent aussi bien du graffiti que de la peinture contemporaine avec des artistes comme Lokiss, Skki, Dark, Meo, Keith haring, Paul Klee, Nikki de st phalle, Dubuffet, Mondrian, pour ne citer que les plus connus .

How would you describe your graphic style?
Easy: it is geometricolorismohappyflashy or, in other terms, relative atomic painting, i.e. E=mc16.
It is the result of different influences that go from graffiti to contemporary painting, with artists such as Lokiss, Skki, Dark, Meo, Keith Haring, Paul Klee, Nikki de Saint-Phalle, Dubuffet, Mondrian, to cite only the most famous.

Penses-tu faire parti de la famille graffiti ?

Sur l’arbre généalogique du graffiti je dois être un cousin très éloigné, disons que je fais du graffiti avec mes propres règles.
Lorsque celui-ci est arrivé en France dans les années 80, c’était un mouvement précurseur a qui il fallait proposer son imagination et sa créativité, ça partait dans tout les sens et chaque villes, chaque quartier avait son style.
Je suis resté dans cette optique de travail.
J’aime casser les stéréotypes et jeter des ponts entre les différentes rives. Le hip hop à sarcelles, c’était une sorte de marche pied vers les « beaux arts » une fenêtre qui s’ouvre sur la peinture, la danse et la musique, une grande bouffée d’air frais qui porte ses fruits encore aujourd’hui.

Do you feel like part of the graffiti family?
On the genealogical tree of graffiti, I must be a very distant cousin, let’s say that I do graffiti according to my own rules.
When graffiti arrived in France in the 80s, it was a groundbreaking movement. You had to offer your imagination and your creativity. It went in every direction. Each city, each neighborhood had its own style.
I have been working that way ever since.
I like to overcome stereotypes and to throw bridges between different shores. The hip hop movement in Sarcelles was like a path leading to the “fine arts” — a window opening on painting, dance and music, a great breath of fresh air that still bears its fruits today.
1365191169_f8d801ce15_o

Comment aborde tu une création telle que cette fresque ?

Pour répondre à ta question, je te propose un “roman photo” sur le post graffiti toujours sous l’influence graphique des mandalas et de la symétrie en général. Je décide de passer à l’acte, j’ai un paquet d’images dans ma tête et ce mur est assez grand pour les recueillir

What is your approach to a creation such as this fresco?
To answer your question, I will use a storyboard about post-graffiti, always under the graphic influence of mandalas and symmetry in general. I decide to get moving, I have loads of images in my head, and the wall is big enough to contain them all.
.

Je commence par faire une pyramide au centre du mur comme à mon habitude, je lui donne ” vie ” en lui ajoutant des yeux, ça y est c’est parti, j’enchaine les phases comme une sorte d’écriture automatique c’est toujours à ce moment précis que je trip, je suis sur mon petit nuage.

As usual, I start by drawing a pyramid in the middle of the wall, and I give it “life” by adding eyes. Then I link phases one after another, a kind of automatic writing. It is always that precise moment that I enjoy the most, when I am tripping on my little cloud.

L’esquisse terminée, je passe à la mise en place des couleurs, l’improvisation à tous les stades de l’évolution graphique est primordiale pour moi.
Le fait de savoir que l’on peut se planter à tout moment me maintient artistiquement éveillé et me fait sentir vivant comme le gars qui saute à l’élastique.

Once the sketch is completed, I start adding the colors. For me, improvisation is essential at each step of the graphic evolution.
The fact of knowing that you can get it all wrong at any moment keeps me artistically awake and makes me feel alive, like a guy who does bungee jumping.

r3
Les jeunes du quartier passent me voir on discute à la cool, on parle de graffiti et de peinture, ils me font comprendre à demi-mots que ma démarche est un peu chelou pour eux.
Je me demande d’où sorte ces images géométrique j’arrête de me poser des questions et je fini la fresque avec la bombe de noir je prends du recul je regarde le mur qui a changé d’identité, bon c’est cool, je rentre chez moi en pensant au prochain mur.

The boys from the neighborhood come and see me, we chat casually, we talk about graffiti and painting, and they make me understand that they find my approach a bit strange.
I wonder where all those geometric images come from. I stop wondering and I finish up the fresco with the black aerosol, I step back, I look at the wall whose identity has changed, ok, everything is cool, I go back home thinking about the next wall.

Tu utilises des outils « maison » pour tes créations me semble-t-il, tu peux nous en dire deux mots ?

Hum ! Pas vraiment car ce sont des outils spéciaux en alliage inconnu spécialement fabriqué par la NASA je me dois de garder le secret défense sous peine d’avoir de gros soucis.

I understand you use “homemade” tools in your creations. Can you tell me a bit more?
Hmmm… Not really, because they are special tools made out of a secret alloy produced exclusively for the NASA. The information is classified and if I disclose it, I will get in serious trouble :)

Cercles, rectangles, carrés, polygones. Tu étais bon élève en géométrie?

Non un vrai cancre, un fumiste de première ! Mais j’ai découvert plus tard que les symboles formaient un langage.
Le langage symbolique est celui de la nature et de l’univers. La forme géométrique jointe à la simplicité et à la rigueur des structures et de la composition peut atteindre une grande pureté .
Mais cette même forme associée à l’infini des combinaisons possibles est tout aussi capable d’exprimer dynamisme et grande vitalité. Avec les mêmes moyens élémentaires, lignes, cercles carrés, triangles, polygones, courbes la plupart des dominantes de l’être humain peuvent être plastiquement exprimées telles que pureté, contemplation, spiritualité, calme, joie, dynamisme lucidité, créativité, imagination…

Circles, rectangles, squares, polygons. In school, were you good at geometry?
No, not at all! I was a true dunce, a first-class lazybones! But later on, I discovered that symbols form a language.
My symbolic language talks about nature and universe. I believe that geometric forms associated with the simplicity and the rigor of structures and composition can lead to a great purity.
Nevertheless, the same forms show an infinite possibility of combinations and can also express dynamism and a great vitality. Using the same elementary shapes — lines, circles, squares, triangles, polygons, and curves, most of the major characteristics of human beings can be described, such as purity, contemplation, spirituality, calm, joy, dynamism, consciousness, creativity, imagination…

Quel genre de musique t’inspire le plus ?

Le jazz, le rap New yorkais, le funk, la nu soul. Mon père est un musicien qui joue du jazz, du folk et de la musique cajun, j’ ai grandit parmi de multiples instruments et des styles musicaux différents. Mon souvenir le plus marquant c’était le disque des Pink Floyd dans la brume marie jeanne. Quand tu vis ça a 10ans forcement tu deviens artiste ah ! Ah !

What kind of music inspires you the most?
Jazz, New-York rap, funk, nu-soul. My father is a musician and he plays jazz, folk and Cajun music. In my childhood, I was surrounded by many different musical genres and instruments. The most vivid memory I have, is listening to a Pink Floyd record lost in a marijuana mist. If you experience that when you are 10 years old, you can’t help but become an artist! Ha ha!

Quels sont tes projets à moyen terme ?

Faire de nouvelles rencontres, participer à des nouveaux projets.
A court terme, finir la série de tableaux destinée à un projet en duo avec YZ pour une exposition imminente à la galerie itinerrance fin janvier.

What are your projects on the medium term?
Meet new people, participate in new projects.
On the short term, I have to finish a series of paintings for a project with YZ. They are intended for a forthcoming exhibition at the galerie itinerrance, end of January 2009.

seyze-flyer

Un dernier mot que tu voudrais partager ?

Oui, merci aux lecteurs qui sont arrivé jusqu’ici , à Kashink le cerveau atomique , Yz la maman , Medhi le surfeur , Smash le pusher man , Money- less l’ami géométrique , ma famille pour leur soutien leur amitié et leur patience .

Peace !

A last word you would like to share with us?
Yes, thank you to the readers who went all the way through to here, to Kashink the atomic brain, Yz the mommy, Medhi the surfer, Smash the pusher man , Money- less the geometric friend, and my family for their support, their friendship and their patience.
Peace!
Thank you

Merci

ramses – Seize

07.03.11 (le monde.fr )

Seize HappyWallMaker, l’abstraction géométrique urbaine

Avec Géométrizm la Galerie MathGoth devient le rendez-vous parisien incontournable de l’art urbain, du 3 au 16 mars.

Au cœur du IXe arrondissement, dans la lumière annonçant le printemps, les toiles de l’artiste français Seize HappyWallMaker, révèlent son univers géométrique. Le souffle poétique qu’elles posent se perpétue dans l’accrochage des œuvres par thème.

D’un côté la géométrie parfaite des triangles trouve sa place dans l’abstraction mystérieuse du mandala. De l’autre la connectivité des réseaux urbains dessine ses lignes dans le cheminement conceptuel de l’artiste. Pas d’opposition, mais un dialogue de formes et de couleurs, riche, reflet de la sensibilité métaphysique et des interrogations géométriques de Seize.

La palette couleur éclatante de cette figure atypique du street art s’invite, porteuse de vitalité. La sensation de volume naît avec elle révélant les formes géométriques épurées sans jamais flirter avec le remplissage. L’improvisation à tous les stades de l’évolution graphique tient artistiquement en éveil Seize HappyWallMaker. L’esthétique de ce peintre -graffeur court, libre d’entrer en résonance avec les visiteurs prêts pour cette expérience.

Seize invite l’air de rien à explorer son univers fait de bande dessinée, de sciences-fiction, peuplé de ses sources d’inspirations Niki de Saint-Phalle, Jean Dubuffet, Jean Lichenstein, Keith Haring. Mais aussi le philosophe Gilles Deleuze, le plasticien Victor Vasarely ou le maître de l’abstraction géométrique François Morellet.

Pour cet autodidacte formé à l’école de la rue, puis à la peinture contemporaine, ouvrir son champ imaginaire à la lecture de l’autre se traduit par la libération des molécules porteuses de son obsession géométrique imaginative riche et foisonnante.

Sans ostentation, Seize signe de son blaze la tranche droite de ses toiles, ne troublant pas ainsi l’harmonie qui se dégage de ses peintures à l’acrylique. Son blaze semble sortir tout droit des bulles de son niveau, partie intégrante de l’outil mis au point pour ses créations.

Que ce soit dans ses toiles ou dans ses immenses fresques murales, Seize libère son énergie créatrice puissante et innove. À vous de saisir ses bulles métaphysiques et de pénétrer dans son univers sous l’influence graphique des mandalas et de la symétrie.

Sabine Vaillant

Reportage Fatcap

Par Chrixcel | Publié le Lundi 2 Avril 2012.
Seize a terminé la semaine dernière une fresque longue de 40 mètres de long à Paris qui a fait dire à une passante du quartier : « vous êtes un chromothérapeute urbain » !


Détail d’une fresque à Vitry-sur-Seine réalisée dans le cadre du Vitry Jam en 2010 (photo Brin d’Amour)

*

top !

issu du

graffiti, je

crée sur mur ou

toile ; truffées d’yeux

mes peintures forment une

constellation évolutive : ombre et

lumière s’y affrontent ou s’entremêlent

pour atteindre l’acmé d’une immense pyramide.

si ma bombe est atomique, mon nombre est totémique,

ma quête sur cette Terre est infinie et s’étend à tout l’Univers

< le ciel c’est ma chapelle Sixteen, c’est mon extase mystique ! >

je suis…?

***

Atome / C215 (Brest, 2011, dans la cadre de « Crimes of Minds »)

Photographié par Atome, puis maintes fois pochoirisé par C215, ces deux portraits de l’artiste le représentent à merveille. L’œil bleu levé au ciel, les bras emplis de bombes multicolores, il pose en pâle rêveur à la recherche de réponses dont il ne connait même pas les questions lui-même !

Rue de l’Ourq, Paris (2009)

Alors il nous les pose sous forme d’énigmes, tantôt sur toile, par le biais de mandalas aussi flashysants que complexes, tantôt sur mur, sortes de vaisseaux-réseaux qui ne sont pas sans rappeler à certains un plan de métro.

Cyberspeed (2009)

S’il a en effet travaillé à la RATP, c’est en tant que chauffeur de bus et ce pendant 10 ans, avant de lâcher le volant pour le pinceau.

8 happywalls côté face (2008)

Seize a grandi à Sarcelles, une ville qui l’a beaucoup inspiré et porté humainement et artistiquement par son architecture, son ambiance, sa multiethnicité. Il la décrit comme un petit New York où le mouvement hip-hop a vite trouvé ses marques au début des années 80, avec des artistes de talent parmi lesquels Dark, Aero, Passi, Stomy.B ou encore Rico, « l’homme qui tchatchait plus vite que son ombre ». Avoir grandi et vécu à leur côté durant cette époque l’a poussé à développer quelque chose d’unique et d’original comme ils pouvaient l’être eux-mêmes.

Portail isométrique bi-dimensionnel (2010, Clamart) – et des petites bonshommes verts…

La structure sociétale et culturelle de cette ville transparait à travers sa peinture, constituée de différentes influences : la complexité des réseaux et des symboles colorés qui en découlent en sont la résultante.

Cosmic nautilus street téléportation (Paris, rue des Pyrénées, 2011)

Seize semble vouloir multiplier ses mandalas, qu’il assimile à des « crop circles » afin d’ouvrir le champ des possibles par le biais d’une méditation extra-ludique ! Ses trips coloristiques se font à bord d’un vaisseau omnibus qui ne marque pas l’arrêt au sol… Dans son cosmos, les routes se veulent kaléidoscopiques.

« Solarisystem » – Paris, rue des Pyrénées – photo : Brin d’Amour. (2011)

Autre vue :

Grâce à sa formation de lettreur, il a acquis la perfection du trait, visant une surface qui se veut sans défaut et parfaitement géométrique.

Freenergy blue mini network

À première vue, les couleurs du spectre prédominent, s’agençant comme les rames du métro au fil de points de connexions qui sont autant de stations.

Echo télépathique (toile)

Le Magenta s’impose au Chemin Vert et Concorde en suivant des rails sur une feuille Blanche, couleur de la trame de fond, tandis que ses «Télégraffs ovni-cyans» s’élèvent en Pyramides aussi pointues que des fusées prêtes à décoller.

Mémoire extra-terrestre (Bayonne, 2009)

Massifs, imposants, les murs de Seize interpellent, déroutent, étonnent, car la combinatoire des couleurs se fait parfois audacieuse.

Stellar Network Gravity Zero (2011)

Qu’ils soient sur fond blanc ou fond noir, leurs aplats sans fioriture aux contours prononcés évoluent au fil d’axes souvent fléchés.

Dans un appartement parisien (photo : Atome)

Ils constituent sa marque de fabrique, au point qu’il ne signe pas ou peu ses œuvres. Il lui faut parfois jusqu’à une semaine pour réaliser ces créations « subatomiques spatio-temporelles ».

Cybernoidragibus (Meudon, 2009)

Un moyen de figer le temps dans un système hexadécimal ? N’oublions pourtant pas que le mot SEIZE n’est pas qu’un nombre : dans la chapelle Sixteen de l’artiste, le mot renvoie au verbe anglais « saisir », autrement dit : comprendre. Ses cartes célestes sur fond de voiles lactés, griffonnés dans des carnets désincarnés, s’inspirent de l’oeuvre des graffeurs Phase 2, Futura 2000, Dark (Amour), Meo, des peintres Keith Haring, Paul Klee, Nikki de Saint-Phalle, Jean Dubuffet, Roy Lichtenstein ou Mondrian…

Electrowalluminizm (2011)

Seize est un carré (4²), il est donc plus qu’approprié d’annoncer la prochaine exposition de la Galerie Mathgoth intitulée FiftyFifty et qui expose partir du 4 avril 44 toiles d’artistes au format carré (50×50) dont Seize.

Mindalatomik (toile)

Fresque réalisée fin mars 2012 à Paris. L’association Art Azoï, depuis son inauguration en juin 2011, continue d’inviter chaque mois de nouveaux artistes pour repeindre le mur du square Karcher, en collaboration avec la Mairie de Paris*.

Piscine Molitor (2010)

On ne le croirait pas, pourtant notre géomètre du graff est fasciné par la pratique du tag, qu’il considère comme un art à part entière. Il avoue d’ailleurs une vraie frustration de ne pas savoir tagguer. Le caractère subversif du tag lui plait, mais ce qui le touche c’est surtout la maîtrise du geste et l’originalité des lettres qui forment un équilibre parfait. Peu de tagueurs atteignent ce niveau d’excellence à ses yeux mais pour ne citer qu’eux voici quelques-uns qui l’ont marqué : Cthululu (KTA), KEA (93MC), Aero (BFK), Azyle, O’clock, Risot, Boxer (CTK), Scare (TRP), Kaze (TCG), Vanceslo, Reso, Sign, Click (CAS), Posh, Sable (BSP) et Dark…

Autre vue de la « Sixtine du tag » :

Seize, ce n’est pas seulement de la bombe, c’est aussi de la balle…

Au carrefour de sentiments « fleur bleue », Seize fait coïncider dans un cocktail survitaminé le rouge de la passion avec le jaune de l’œuf et l’acidité de l’orange, le violet mystique se met parfois au vert, ses fonds blancs sont l’apprêt de la pureté quand les contours noirs soulignent paradoxalement le vide qui les libère…

Mandalamakoussa – acrylique sur voile de coton libre

En somme, ses aurores boréales sont des portails magnétiques vers un au-delà qui s’offre à tous ceux qui ouvrent grand leurs antennes, leurs yeux et leur cœur…

Texte et photos : Chrixcel, sauf signalées.

Article original sur Fatcap

Conversation avec Raphaël Aline A.K.A. Seize Happywallmaker

Raphaël Aline, mieux connu sous son pseudonyme d’artiste« Seize Happywallmaker », s’installe pour commencer ce qui est prévu pour être une interview et qui prendra très vite l’allure d’une conversation à bâtons rompus. Il a le regard clair et perçant de ceux qui voient loin ;pas forcément en termes de distance, mais dans le détail. Sa voix, douce et posée ne vient en rien contredire les attitudes presque mutines de celui qui,malgré les vicissitudes de la vie qui ne sont étrangères à aucun quarantenaire,a su conserver intacte son âme d’enfant et son geste primal en peinture.

Il affirme volontiers ne pas être un « intellectuel »,mais sa curiosité insatiable et ses innombrables voyages« intérieurs » lui permettent d’avoir un propos aussi profond que lucide sur le monde qui l’entoure et sa place, en tant qu’individu et en tant qu’artiste.

Je vous invite donc à découvrir l’univers haut en couleurs sous forme de parcours initiatique que nous propose Seize Happywallmaker.
"Cyberainbow-prismatik"

Rayon Gamma © Seize Happywallmaker

Notre échange s’ouvre assez naturellement sur les diverses façons dont les murs ont toujours « parlé » à travers l’Histoire et le monde.On les a fait « parler » pour dire souvent ce que les individus ne peuvent ou n’osent exprimer autrement.

Raphaël : Les murs qui parlent sont le reflet d’une croisée des chemins car à travers les murs et la rue, il y a des expressions politiques.

Lorsque j’ai découvert le graffiti au milieu des années 80 à Paris, j’ai découvert que les précurseurs du graffiti en France étaient issusde la bourgeoisie parisienne. A l’époque, avant les magazines spécialisés et internet, la seule source d’information qu’on avait par rapport au graff et au tag c’était New York. Or les seuls qui y avaient accès c’étaient ceux qui pouvaient y aller. C’est comme ça que les précurseurs, comme Bando (dont les parents étaient avocats et pouvaient beaucoup voyager), ont ramené un style particulier au début des années 80 mais, à New York ça avait déjà commencé dans les années 60. Le graff et le tag sont arrivés en France 20 ans après les débuts à New York et par conséquent nous avions largement de quoi nous inspirer.

Par la suite, au début des années 90, toute cette mouvance se développe dans un « melting pot » social où se retrouvent aussi bien ceux qui viennent des familles bourgeoises comme ceux qui viennent de banlieue.C’était un grand mélange de milieux sociaux et toutes origines confondus.

Adriana : Et toi, comment es-tu arrivé dans cette mouvance ?

R : Venant de Sarcelles, j’étais déjà dans le meltingpot. C’était une évidence pour moi, ça devait arriver. C’est ce qui nous a fait vivre tout au long des années 90. Le hip-hop a été salvateur pour moi, ça a été un équivalent des beaux-arts (auxquels on n’avait pas accès dans nos cités). Autrement dit, grâce au hip hop on s’est mis à s’intéresser à la danse, au chant (par le rap), au dessin (par le graffiti). Des ateliers s’organisaient… Aujourd’hui on voit beaucoup de gens connus très spécialisés dans chacun de ces domaines, mais à l’époque on touchait à tout !

C’est là-dedans que j’ai grandi et je conserve encore cet« esprit hip hop » que j’aime particulièrement, car il est fait de rencontres, d’échanges mais aussi de défis et de compétition.

A : Celui des« battles »…

R : Oui exactement, celui des battles. Mais c’est aussi cet état d’esprit qui se retrouve par exemple dans le rugby où les joueurs pendant tout le match vont se rentrer dedans, de toutes leurs forces, mais à la fin ils vont se serrer la main et aller boire une bière ensemble.

A : Je suis tout à fait d’accord avec toi. D’autant qu’aujourd’hui on confond assez facilement l’esprit de compétition et celui d’émulation. Toi, ce dont tu parles c’est de l’émulation : des gens qui certes s’affrontent mais dans un but positif : celui de se dépasser et de devenir meilleurs dans ce qu’ils font.

R : Dans la battle tu te bats d’abord contre toi pour pouvoir justement évoluer, grandir et y arriver. Et quand je me suis mis à faire mes réseaux c’était dans cet état d’esprit là : « qu’est-ce que je peux faire pour donner une claque à tout le monde en suivant mon propre processus » et à force de travail et de progression j’y suis arrivé. J’ai donc commencé à manier des formes géométriques avec beaucoup de couleurs.

La couleur justement. Lorsque vers la fin des années90-début des années 2000 je me suis intéressé à la couleur, j’ai regardé ce qui se faisait sur la scène du graffiti à ce niveau, notamment grâce aux magazines et aux débuts d’internet. A l’époque, graffeurs et taggeurs faisaient surtout des têtes de mort, des armes, des choses très sérieuses comme ça. Et de mon côté, je me suis dit que j’allais arriver avec un esprit « fisherprice », avant tout pour faire chier tout le monde !!

A : Ah donc une bonne dose d’esprit de contradiction !

R : En bonne partie oui. Et puis à l’époque mes enfants étaient très jeunes et à la maison il y avait des jouets partout. Des jouets de toutes les couleurs de l’arc en ciel. En les regardant, j’ai eu envie d’utiliser ces couleurs brillantes des jouets pour bébés. Voilà, c’était parti !

Ceci dit ça, ce n’était que le postulat de base, le point de départ. Par la suite j’ai rencontré des personnes qui ont été capables de me dire ce que je faisais vraiment, sans en avoir encore conscience. Parce que là,tu me poses une question et c’est ma conscience qui s’exprime et te répond,mais inconsciemment il se passe beaucoup de choses d’une autre envergure. Grâce à ces rencontres avec des personnes intelligentes et intéressantes j’ai pu réaliser que toutes ces couleurs se résument à la lumière, que ce sont des codes de lumière. Et ça a été une vraie révélation.

On m’a expliqué « Comme Soulages travaille sur la lumière, tu travailles aussi sur la lumière mais avec le code de l’arc en ciel et avec ça tu nous fais comprendre que la lumière est vivante, la lumière est douée de réflexion, qu’elle est une expression de la vie et ton travail va bien au-delà de ce que tu penses faire partager »

A : C’est drôle que tu me dises ça parce que l’une des premières fois que j’ai pu voir l’une de tes œuvres, ça m’a fait penser à cette expérience que nous avons tous fait à l’école, en cours de physique. Le jour où le prof ramène un prisme pour expliquer les propriétés de la lumière. C’est ce jour où il arrive à rendre son cours super intéressant en faisant ce qui nous semblait presque un tour de magie : il approche le prisme du faisceau de lumière qui entre par la fenêtre et là, c’est magnifique. Il y a l’arc en ciel qui apparaît sous nos yeux !

Ton travail m’a fait penser à cette expérience. Du coup, j’ai commencé à t’envisager comme si toi, à travers ton travail de création, tu faisais le prisme qui nous permet de voir des choses qui autrement sont invisibles à nous yeux ou passeraient inaperçues.

R : C’est exactement ça. Mon travail est le prisme de ce que je ressens, de ce que je fantasme, du moins de ce que je voudrais ressentir. Mais le coup du prisme c’est génial parce que cette petite expérience te permet de découvrir quelque chose qui a toujours été là, mais là on te le met sous les yeux. C’est ce que je fais avec ma peinture mais ce sont ces rencontres humaines dont je parlais qui m’ont permis de le comprendre. C’est seulement à partir de ce moment que j’ai commencé à comprendre le processus qui pouvait être le mien pour créer des œuvres et depuis je ne fais plus confiance à mon esprit conscient.

Aujourd’hui, j’ai une confiance extrême en mon inconscient qui est beaucoup plus grand et beaucoup plus intelligent que moi. Depuis tout petit j’ai cette capacité à être dans la lune. Après avoir fait une séance d’hypnose récemment, la thérapeute me disait à quel point je suis un bon client car je pars très vite et très loin ! Et moi de lui répondre que depuis tout petit on me reproche de rêvasser, d’être dans mon monde. Mais en réalité ce défaut que l’on m’a toujours reproché, est en réalité ma force.

Je t’assure que lorsque je peins, je ne pense à rien. Ma tête est « vide » ! Enfin, je crois ne penser à rien… Mais en tout cas c’est grâce à ce processus que ce fameux rayon de lumière trouve son prisme.

A : C’est justement cet état de « flottement » que tu décris qui est très impressionnant. Car en préparant notre échange je suis allée voir les rares interviews que tu as pu accorder et cet aspect revient assez souvent. Je ne sais pas si c’est le bon mot pour le décrire, mais tu dis travailler dans une sorte d’état de transe où tu ne penses pas vraiment. Or en voyant tes œuvres, avec une telle harmonie de couleurs, de précision dans les structures, on a l’impression que c’est calibré, que c’est réfléchi, alors que ce n’est pas le cas. C’est tout de même impressionnant !

R : Tu demanderas à n’importe quelle personne qui est mélomane mais qui n’est pas musicienne, d’écouter un morceau dans lequel s’est glissée une fausse note. Cette personne sera capable de la repérer, mais comment si elle n’est pas musicienne ? Je pense est que l’inconscient est harmonie et, de ce fait, il permet à la personne de repérer là où l’harmonie fait défaut. Nous avons tendance à pense que c’est notre conscience qui est capable de reconnaître ce genre de choses alors que c’est surtout notre inconscient, à mon avis.

Tu pourras demander à mon entourage proche et on te dira que je suis bordélique, que j’oublie la moitié des choses dont je devrais me souvenir… Mais quand je peins, c’est au millimètre. L’équilibre structurel,l’équilibre des couleurs sont là et tout est à sa place sur ma toile. Parfois ça marche, parfois ça marche un peu moins bien, mais c’est en tout cas le but recherché. Et il est vrai que l’on peut avoir l’impression, au vu du résultat,que c’est le fruit d’un calcul, mais ce n’est pas le cas. Et c’est la raison pour laquelle je pense que l’inconscient est harmonie et que je le crois plus grand que nous.

Je fais souvent un rêve où je suis devant un grand tableau et je fais des formules comme Einstein !! Des trucs incroyables et je suis persuadé que je sais ce que je fais, que je suis en train de travailler. Et quand je me réveille, je suis incapable de te faire une division !

Je ne suis ni un écrivain, ni un philosophe, ni même un intellectuel, mais quand tu arrives à converser avec ton inconscient, des choses incroyables en ressortent. Des questionnements qui ont fini par me conduire à être en relation avec des philosophes et des intellectuels qui me contactent grâce à mon travail. Et nous avons entamé un vrai dialogue, alors qu’on ne fait pas partie de la même sphère. Ce dialogue est possible malgré les différences dans nos moyens d’expression, nous trouvons dans ces échanges de quoi nous enrichir.

A : Évidemment ce n’est pas à toi que je vais apprendre qu’il existe de nombreuses de façons d’exprimer des émotions, des pensées, des réflexions, des interrogations. A chacun son moyen d’expression.

R : Comme ce n’est pas une démarche consciente et intellectuelle de ma part, je suis toujours surpris de ce que je parviens à exprimer grâce à la peinture. De plus, l’image donne du ressenti supplémentaire, il y a quelque chose en plus…
"green catabase "

Catabase © Seize Happywallmaker

A : Un supplément d’âme. Je trouve que c’est effectivement quelque chose que l’on ressent très fort en observant tes œuvres. Au sujet de ton travail justement,je sais qu’aujourd’hui tu as avancé et qu’actuellement tu explores les mandalas. Mais les réseaux ont incontestablement été une phase très importante et je voudrais savoir ce qu’ils représentent pour toi.

R : Je vais d’abord te répondre sur le plan technique.En ce moment je travaille beaucoup sur les mandalas parce que j’ai besoin de travailler la symétrie. Je ne pourrais pas te dire pourquoi mais j’en ressens le besoin. Mais parfois, entre deux mandalas, je fais un réseau. C’est comme une phase de respiration. Comme lorsque tu cours, à un moment donné tu as besoin de faire une vraie pause pour mieux pouvoir repartir ensuite. Et en ce moment les réseaux me servent à ça : ils sont mes moments de respiration.

A : Tiens donc ! C’est devenu tellement naturel pour toi qu’ils constituent tes moments de pause et de respiration ?!

R : Et oui, ça vient tout seul… A force d’être dans le symétrique du mandala, je me fais un petit réseau et voilà ! Je respire. Donc le réseau sort et là je peux me remettre au travail sur le mandala qui me demande beaucoup plus de réflexion. Un mandala va me prendre environ 10 jours,un réseau va me prendre 2/3 jours.

Sur le plan artistique, réseaux et mandalas sont en réalité des variantes graphiques d’une même réflexion artistique. Différentes versions qui parlent toujours de cheminement, de connexions… C’est la même chose pour moi,sauf que le réseau est un peu plus simple de lecture. Il fait office de plan un peu plus lisible. Et ça me fait du bien de pouvoir alterner entre les deux.

A : Est-ce une réelle volonté de ta part, ou du moins t’es-tu posé la question de la continuité de tes réseaux ? Parce que je t’avoue qu’il m’est arrivé très souvent de regarder tes réseaux et de les continuer presque instinctivement dans ma tête. Est-ce qu’il s’agit là d’une réaction que tu recherches ?

R : Oui, ça me fait très plaisir ce que tu me dis parce que c’est l’effet recherché. Ce ne sont pas des objets finis. J’essaye d’en faire une vraie proposition : « voilà un départ, à vous de voir où ça pourra vous mener, où vous voulez aller » J’aime bien ce côté interactif,participatif.

A : C’est justement ce que j’aime dans tes réseaux, le fait de se sentir un peu« acteur », de ne pas être un observateur complètement passif

R : Souvent je laisse volontairement un trait qui s’arrête au bord du tableau. Parfois des acheteurs me demandent de continuer le trait du tableau sur le mur qui s’en va ensuite vers une autre pièce. C’est fait pour ! J’ai une série comme ça qui s’appelle les « Modul“Air” »,jeu de mots avec modulaire, parce qu’ils le sont ! Ce sont toujours les mêmes outils qui s’imbriquent les uns dans les autres, ensuite c’est à l’imaginaire de chacun de continuer. C’est surtout vrai pour les réseaux, moins pour les mandalas. Parfois les gens me demandent« c’est dans quel sens » ? Je leur réponds : « ça va dans le sens que vous voulez » ! Je leur dis de quelle manière je les vois et s’ils veulent le mettre dans le sens de l’artiste ils peuvent le faire,il y a la signature en bas à droite et ils peuvent garder ce sens. Mais je suis complètement ouvert à ce qu’ils posent l’œuvre dans le sens qui leur parle le plus.

A : Et quand tu travailles dans la rue, lorsque tu fais un mur, même si je sais que tu le fais un peu moins en ce moment, comment se passe le contact avec les passants qui t ’abordent ?

R : En général ce sont des retours très positifs. Sur cent personnes, il y en a peut-être une qui va me demander « mais qu’est-ce que ça veut dire ? ».Une fois une dame m’a dit que j’étais un « chromothérapeuteurbain », ça m’a fait tellement marrer que je l’ai marqué dans mes diplômes : docteur en sciences chromatothérapeutiques urbaines ! Quand je fais les esquisses souvent ce sont des adultes qui viennent me voir, mais dès que j’applique les couleurs, là c’est au tour des enfants. Dès que je peins en public–et c’est le but recherché- les gens se posent beaucoup de questions.

Mais tu as soulevé un point intéressant quand tu disais qu’en ce moment je peins moins à l’extérieur. La dernière peinture que j’ai faite à l’extérieur remonte au mois d’août dernier, donc ça fait plusieurs mois. J’ai parfois des phases comme ça où je peins moins à l’extérieur. Mais si je le fais moins en ce moment c’est surtout parce que je prends le temps d’une grande réflexion au sujet du Street Art en général. Sans vouloir rentrer dans la critique facile, je cherche un positionnement clair par rapport à tout ça.C’est pour ça que pour l’instant je me consacre à mes tableaux, ça me permet de réfléchir pour savoir ce que je veux amener dans la rue : est-ce que je vais dans l’institutionnel (ndlr : fresques/murs commandés par des institutions telles que des écoles, mairies, etc.), est-ce que je fais dans« l’illégal » ? Comment je me positionne ? Est-ce que je fais les deux ? Il y a en tout cas une vraie question à se poser à ce niveau-là,parce que j’ai l’impression que le Street Art se trouve à un tournant. Il est en train d’évoluer, de changer. Il y a beaucoup d’artistes qui s’interrogent sur cette évolution et j’en fais partie.

Je prends le temps d’avoir cette réflexion justement parce que j’ai reçu beaucoup de propositions de la part d’institutions. Je sais que d’un côté il faut savoir accepter les transformations du contexte dans lequel tu évolues, mais pour l’accepter il faut la comprendre et en ce moment je ne la comprends pas vraiment.

A : Tu faisr éférence à la « récupération » par des institutions de quelque chose qui, jusqu’il n’y a pas si longtemps, était bannie et illégale ? Dans les années 90 il y a même eu une « guerre » déclarée contre le graff et le tag, considérés comme du pur vandalisme…

R : Dans les années 80 on était des parias ou presque. Aujourd’hui encore il y a des taggeurs que l’on appelle toujours vandales et qui prennent cher.Et moi j’arrive et, sous prétexte que c’est de l’art, on me donne carte blanche. Donc face à un tel fonctionnement, je m’interroge. Est-ce que je rejoins le mouvement vers les galeries, avec du chauffage où tout est bien propre ou je retourne dans la rue ? Ce qui est sûr est que je ne retournerai pas sur les trains ou sur les rails, à mon âge il ne faut pas pousser !Je parle surtout de retourner vers ce qui est en adéquation avec les racines dece qui constitue un mouvement pour moi.

Je me permets d’ailleurs de faire glisser un peu le sujet.Mais on me demande souvent : « est-ce que tu fais du Street Art, du graffiti, etc. ? Ce à quoi je réponds que je fais du« post-graffiti ».

A : J’allais justement te poser la question pour savoir où tu te situes au milieu de toutes ces appellations, nouvelles et anciennes : Street Art, Urban Art, tag,graffiti… On ne sait plus vraiment.

R : Par rapport à mon évolution je me situe dans lePost-Graffiti. Mon travail aujourd’hui est la suite logique de ce que j’ai fait dans les années 80 à savoir du tag et du graffiti. Cette évolution est le fruit de ma réflexion. Je me suis demandé comment est-ce que je pourrais continuer mon travail tout en étant en accord avec moi-même et en faisant des choses qui me correspondent vraiment ?

D’ailleurs, tous les artistes que j’apprécie s’inscrivent dans cette lignée : Eltono, Erosie, pour ne citer qu’eux. Ces artistes, je ne les connais que de nom, mais je suis l’évolution depuis une quinzaine d’années et j’apprécie toujours leur travail. Et tout comme moi, ils ont commencé par faire du tag et du graff et ont connu une démarche semblable à la mienne.

A : Maintenant je voudrais aborder le fait qu’il y ait plusieurs niveaux dans ton travail. Ce qui frappe en premier c’est l’explosion de couleurs, puis vient l’invitation à partir et à continuer ta proposition de chemin. Le mandala va nous plonger dans la sérénité ou dans la réflexion, selon notre état d’esprit. Mais en cherchant à dépasser cette surface, déjà très riche, il y a encore énormément de choses qui se passent dans ton travail.

R : Globalement il s’agit d’une recherche d’équilibre :au niveau graphique, au niveau de la mise en place des couleurs ainsi qu’unemise en équilibre vis-à-vis de la structure que j’entends mettre en place.C’est ce que je considère comme le côté « adulte » du tableau. Laphase des couleurs représente le côté « enfant ». Ce qui ajoute un équilibre« enfant »/« adulte » aussi. Chacun de mes tableaux estdonc une addition de plusieurs équilibres qui viennent se juxtaposer les unssur les autres, ce qui fait que les gens sont interpellés de 7 à 77 ans. Celame vient naturellement, ce n’est pas une démarche consciente de ma part. Je leconstate lorsque je suis en train de peindre dehors : un enfant s’approche,puis une personne âgée avec une canne et à chaque rencontre, le dialogue sefait sur les mêmes bases ! Certes avec des mots différents, mais ce sontles mêmes réflexions.

Mon travail étant une juxtaposition d’équilibres et basé surla géométrie, celui qui observe mes tableaux est conduit alors vers le symbole.

A : Enfin le symbole ! C’est justement là où je voulais en venir dans ton travail.

R : Pour moi le symbole n’est pas du tout une démarche intellectuelle –je me répète encore- ou consciente de ma part. J’ai juste eu la chance de pouvoir utiliser 3 lettres : le triangle, le carré et le cercle.Je les utilise de différentes façons pour « écrire » en peinture ce que je veux partager.

A : C’est drôle parce que tu me parles de formes, comme si c’étaient des lettres !

R : Mais pour moi mon alphabet n’a que trois lettres ! La preuve, j’arrive à écrire des petites histoires avec !

A : Même des grandes !

R : En tout cas, des histoires qui parlent à tout le monde. Ceci dit, s’il est vrai qu’il n’y a « que » trois lettres, ça serait simplifier de s’arrêter là. C’est comme en langage binaire : il n’y a que des 1 et des 0 et pourtant tu vois la complexité à laquelle on arrive.Moi j’en ai trois, alors tu imagines !

A : Les combinaisons sont infinies !

R : Tout ce qui est possible et imaginable. Prenons un triangle :il peut évoquer une relation à trois, il peut évoquer une pyramide, le triangle des Bermudes…

Pour le cercle c’est pareil. Il peut évoquer la plénitude,la protection, etc. Et lorsque tu mets un rond et un carré on obtient quoialors ? Et bien c’est le spectateur qui le définit, ce n’est pas moi. Je suis juste là pour dire que j’ai mis des formes ensemble, mais pour le reste vous vous débrouillez !

A : C’est intéressant que l’on aborde cet aspect car parmi toute la richesse que propose ton travail, j’ai décidé de m’attacher à cette question de la symbolique qui est très forte dans tes œuvres. J’ai retenu cet aspect parce que le langage est ce qui m’interpelle le plus, d’autant lorsqu’il a une dimension symbolique aussi forte.

R : Je pense que pour l’inconscient, individuel et peut-être même collectif, la langue est quelque chose de bien trop basique. Il nous faut partir vers des choses plus universelles.

A : C’est exactement là où je voulais en venir. Le symbole a une force qui dépasse la langue. Je ne sais pas si tu connais l’étymologie du mot symbole ? Parce que je suis allée la chercher en préparant cet entretien. Je tenais à m’assurer que j’étais sur le bon registre de lecture de ton travail.

R : Non, tu vas me l’apprendre !

A : Le mot symbole vient du grec ancien et il veut dire : mettre ensemble, joindre. Il veut également dire échanger, se rencontrer, expliquer. C’est impressionnant à quel point il regroupe tout ce que tu viens d’expliquer au sujet de ton travail.J’ai été vraiment frappée lorsque j’ai trouvé cette étymologie parce que le langage symbolique qui se dégage de ton travail est très fort. Je te laisse imaginer ma surprise en y retrouvant tous les éléments qui constituent tes œuvres !

R : C’est fou ! Je ne savais absolument pas ce que ça signifiait et pourtant c’est exactement ce que je t’ai expliqué sur mon travail !

A : Exactement.D’ailleurs sur mes notes de préparation je n’ai pas pu m’empêcher d’écrire : « difficile de ne pas voir une coïncidence avec les réseaux et les mandalas, permettant d’échanger, de (se) rencontrer, de se rejoindre ou de joindre des points dans l’espace ou des points de vue… »

R : C’est justement pour ça que je te parle du dialogue que je peux avoir avec mon inconscient, parce que si tu avais eu la possibilité de l’interroger directement, il t’aurait répondu dans ces termes.

A : C’est donc qu’ils commencent à bien se parler ces deux-là, ton conscient et ton inconscient !

R : Et oui ils commencent à bien communiquer ces deux-là. Mais je pense que c’est important pour tout le monde d’avoir cette connexion entre son esprit conscient et l’inconscient parce qu’il y a vraiment une clé là-dedans. C’est incroyable le nombre de choses qu’on fait inconsciemment. Et lorsqu’on s’intéresse à ce domaine, on se rend vite compte que l’on ne contrôle pas grand-chose, si ce n’est rien…

A : Je te propose maintenant de jeter un coup d’œil à sa définition. Le symbole est« un objet sensible qu’on pose à côté d’une réalité abstraite qu’il est destiné à représenter ». Autrement dit, un symbole serait quelque chose qui nous permettrait de traduire le monde qui nous entoure. Et je trouve que de nouveau ce postulat s’applique très bien à ton travail. Il nous plonge vraiment dans le langage symbolique et c’est peut-être la raison pour laquelle il interpelle autant. En d’autres termes, en plus de l’harmonie des couleurs et de ce qui vient nous plaire de prime abord, tu proposes aussi des niveaux de lecture qui vont bien au-delà de ces premières impressions. Tu poses des questions et tu laisses la liberté aux spectateurs de trouver des traductions de ce qui se passe autour d’eux par le biais de tes œuvres.

R : A leur tour donc de faire parler leur inconscient et leur ressenti face aux œuvres. Ce sont des choses qui se passent hors de notre champ de compréhension, un peu comme les pôles magnétiques qui ont une influence sur nous mais que nous ne voyons pas. Il s’agit justement de cet état d’esprit. Nous avons d’un côté le monde invisible de celui qui crée l’œuvre, de l’autre, le monde invisible du spectateur et au milieu il y a le symbole qui unifie les deux.

A : Finalement,on pourrait dire que ce symbole entre les deux leur permet de se parler.

R : C’est exactement ça. C’est un repère dans le monde visible.

A : On revient alors au prisme, qui permet de rendre visible des choses qui ont toujours été là mais que nous ne voyions pas.

R : C’est ça : le prisme du monde invisible et visible. Après les croyants et les non croyants y mettront ce qu’ils voudront,je n’ai aucun problème avec ça. Ça peut venir d’où ou de qui chacun le voudra !

A : Justement,puisque tu évoques les croyants et les non croyants, l’actualité récente des attentats commis en janvier dernier fait resurgir avec beaucoup de force les interrogations et la réflexion autour du religieux et aussi de l’engagement.Alors je ne pouvais pas ne pas te poser la question : est-ce que tu penses que les artistes, que l’art, doivent être engagés ?

R : Je pense que n’importe quel artiste, n’importe quelle forme d’art est engagée dès le départ. Car une image est une action, par conséquent l’engagement est là. Le geste en lui-même est en soi une déclaration.Le geste artistique est en soi une main tendue vers l’autre.

Pour beaucoup l’art engagé serait un art avec un message ouvertement politique : « attention au FN ou à toute autre forme d’extrémisme, ou à la capitalisation des choses ». Je comprends cette version des choses, mais je pense que l’engagement peut être aussi esthétique. Donc je pense qu’un seul coup de crayon sur une feuille c’est déjà être engagé. Ce qui pour moi règle la question. Je ne crois pas aux artistes non engagés parce que pour moi nous le sommes tous. Après certains artistes sont politisés, mais pour moi ça c’est différent. L’engagement se fait donc dès la genèse.

A : Et si jamais tu te sens en mesure de partager la façon dont tu as, en tantqu’artiste, vécu ces attentats de janvier dernier à Paris et en régionparisienne, peux-tu nous en dire quelques mots ?

R : Personnellement je ne m’en suis pas encore remis. J’avaisl e sentiment d’avoir une relation directe avec ces dessinateurs, c’est comme s’ils avaient tué une partie de mon enfance. J’ai grandi avec Cabu, avec Wolinski. Je me souviens de mon père qui cachait les numéros de Hara Kiri en haut de l’armoire. Donc au-delà de tout ce que ça représente et de tout le symbole,ces évènements m’ont touché sur un plan plus intime et personnel.

Et si on avait dit à Cabu et à Wolinski qu’il y aurait des chefs d’Etat et de gouvernement, des représentants religieux dans un cortège qui leur rendrait hommage, ils n’y auraient pas cru. C’est un joli pied de nez finalement. C’est incroyable, tous ces gens qu’ils pouvaient combattre se sont réunis pour leur rendre hommage. Ceci dit sous couvert d’une unité nationale qui a effectivement eu lieu et qui nous a remis du baume au cœur, même à moi,il y a eu beaucoup d’hypocrisie aussi. Ce qui ne m’empêche pas de de penser que ceux qui se sont joints à cet hommage l’ont fait dans un élan dont tout le monde avait besoin.

Bref, tout ça pour en revenir au fait que je ne m’en suis toujours pas remis. Ce qui est dommage, et ça ne concerne pas que la France c’est un peu partout pareil : il faut en arriver à des extrémités telles pour réaliser notre chance, que finalement c’est bien où nous vivons.

Pourquoi inclure cet entretien dans mon blog ?

Parce qu’au-delà du parti pris esthétique qui me ravit, j’aime la réflexion et les interrogations qui se dégagent du travail de R.A. J’aime accepter ses propositions au voyage intérieur, à la rencontre de notre inconscient individuel et collectif. J’aime la façon dont il fait entrer en collision chromatique ce qui nous est le plus accessible et quotidien, avec ce qui nous demande de l’introspection et nous questionne parfois très profondément. J’aime sa confiance inébranlable en son inconscient, ce qui pour moi va délicieusement à contre-courant de notre société actuelle du « tout-contrôle ». J’aime ses plans et ses mandalas qui sont autant d’invitations pour partir à la recherche intérieure et pourquoi pas, à la découverte de nos propres inconscients et des richesses qu’ils recèlent.

J’aime sa recherche de la lumière à un moment où les obscurantismes de tout bord cherchent par tout moyen à nous aveugler. J’aime sa manière de nous rendre actifs dans la contemplation de ses œuvres qui sont autant de prismes et de symboles nous permettant de mieux comprendre le monde qui nous entoure, l’Autre et surtout,nous-mêmes. J’aime l’humanité qui se dégage de son travail où, étrangement la figure humaine est largement absente, mais il parvient à y inscrire ce qu’il ya de plus propre à l’être humain : le langage symbolique dans tout ce qu’il a de plus complexe et de plus intuitif pour tout un chacun. J’aime tout simplement que son travail m’arrache indéfectiblement un sourire et que ce sourire, soit souvent partagé.

Entrez donc dans leballet chromatique de Seize Happywallmaker et ne vous laissez surtout pas guider. Suivez votre propre lapin blanc et soyez Alice dans les mille et un labyrinthes qu’il nous propose. Suivez votre propre chemin de briques jaunes (ou la couleur qui vous plaît le plus) et vous ferez sans doute des rencontres inattendues.Qui sait !

"Jamaican Davidstar"
Jamaïcain Davidstar © Seize Happywallmaker

Le blog de Adriana Morales Ferrer http://voixactive.blogspot.fr

Les commentaires ne sont plus admis.